« Ce monde visible, Chantal Vey fait partie de ceux qui l’explorent inlassablement, minutieusement, pour en tirer des trésors insoupçonnés. Pas des signes d’appartenance, rien de médiatique ou de spectaculaire, mais de simples objets : forme, couleur, relief, matière, texture, patine - autant dire poésie. Elle qui, pourtant, aime parcourir les rues des villes et des campagnes, qui aime fouler d’abord du pied ce qu’elle embrasse ensuite du regard, a posé ces dernières années son cadre dans des décors statiques et familiers : des maisons, des musées, des bibliothèques, petits débarras dans le dédale du monde, fragments de vie (des gens, ou ce qui les occupe, ou les traces qu’ils laissent) qui prennent sous son regard de photographe une étonnante densité, renforcée parfois par l’usage d’une très faible profondeur de champ ou d’une proximité qui nous font presque les toucher du doigt, nous donnent l’impression que c’est de notre propre mémoire qu’ils émergent en douceur, au détour troublé d’un rêve.» Emmanuel d’Autreppe, extrait du catalogue «Entre-Tiens, Colomiers, 2007.»