Catherine HARANG, née à Chalonne sur Loire en 1970.
Vit et travaille à Angers.
Au coeur du travail de Catherine Harang, cette question lancinante : comment peut-on générer du singulier, prisonniers que nous sommes des circonstances qui nous entourent et de l’ensemble variable dont nous faisons parti ?
Mission impossible pour l’ homo sapiens ordinaire, reste donc quelques subterfuges consuméristes qui donneront le change en la matière, le rêve d’un chez soi, lieu de ressourcement, espace intime que l’on souhaiterait singulier. Catherine Harang stigmatise ces comportements sociaux et l’illusion savamment orchestrée par quelques vendeurs de rêve que le paradis serait constitué d’une parcelle, quatre murs et d’un toit. Le bonheur, on le sait, est dans le pré et donc dans la parcelle, il est également à notre porte sous la forme de paillasson (il s’agit de faire disparaître de nos semelles le monde extérieur afin de conserver la virginité claustrale de cet éden). Le rêve de l’accession à la propriété semble être en effet aujourd’hui l’eldorado de tous nos concitoyens, on est donc bien loin de l’architecture de verre sans trace ni habitude que Walter Benjamin appelait de ses voeux, ici prévaut le simulacre de l’architecture bourgeoise, lieu d’isolement clos sur lui-même et fermé sur le monde. Du pain et des jeux disait Jules César, on pourrait à cet adage substituer du pain, une télévision et un pavillon et ainsi le monde serait bien gardé. À ce sujet, avis aux cambrioleurs et aux intrus, ici, un toutou domestique monte la garde.
L. Charbonnier
« À chacun son paradis », 2007: 100 €
Dessin original.
Acrylique,crayon de couleur,encre.
Dim : 38 x 56 cm.